Une sulfureuse ascension


Ajouté par ZombieKid



Chapitre I : La naissance


Nous sommes le 12 Alturiak 1349 du calendrier des Vaux, la famille Sephris célèbre la naissance d'une nouvelle venue. Tout le gratin d'Amrutlar est présent. Comme à leur habitude, les Sephris n'ont pas lésiné sur le budget. La fête est somptueuse, vins et liqueurs coulent à flot, plats et mets exotiques ont été importés de tout Faerûn. Une cinquantaine d'esclaves et de femmes sont entièrement au service et à la disposition des convives. Un barde de grand talent venu du lointain Cormyr compte des histoires d'aventuriers du bout du monde, captivant son auditoire en mal d'évasion. À quelques pas de là, un groupe d'enfant est fasciné par les tours d'un magicien rouge nécromancien ami de la famille, il joue un spectacle burlesque dont les acteurs sont des cadavres animés de petits animaux morts.

A minuit a lieu le Kebir Naar, littéralement, le « Grand Feu ». Il s'agit d'une cérémonie très répandue dans la haute bourgeoisie et la noblesse thayienne. Elle est célébrée en l'honneur du dieu Kossuth, divinité principale du Thay, dieu élémentaire du feu. Conformément au rite, un grand bucher a été érigé avec en son centre une jeune femme nue solidement attachée et bâillonnée présentant de multiples et profondes entailles encore ouvertes sur tout le corps. Elle est très belle et ses traits occidentaux laissent deviner une origine exotique. En effet, il est coutumier de sacrifier un être vivant offert à Kossuth lors de ce rituel. L'importance du sacrifice reflète la situation sociale de la famille. Ainsi de modestes familles paysannes offriront des animaux, les plus aisés pouvant se permettre de sacrifier des esclaves comme c'est le cas ici ; certaines grandes familles nobles n'hésitent cependant pas à choisir des lanceurs de sorts ou des nobles capturés dans les pays voisins et les familles rivales.

Il est d'usage que cela soit au plus puissant lanceur de sort profane présent d'allumer le brasier. Ce sera donc le nécromancien ami des Sephris qui aura l'honneur de lire le parchemin de Boule de feu acheté pour l'occasion. Lorsque l'incantation magique est prononcée, une énorme sphère enflammée jaillit de la main tendue du lanceur de sort éclairant et réchauffant sur son passage toute l'assemblée pour finir sa course sur la malheureuse qui n'aura pas eu le temps de souffrir devant la rapidité de la combustion. C'est au travers des braises encore brûlantes que le Grand prêtre de Kossuth, présidant la cérémonie, récupère une poignée de cendres de la défunte et les mélanges à son sang précédemment recueilli. Le prêtre trace ensuite une croix sur le front de l'enfant avec la pâte ainsi obtenue, appellée Sokhn'dam signifiant « Sang chaud ».

Ce rituel est au fondement de l'idéologie thayienne. En effet deux grandes notions fondatrices du dogme de Kossuth sont représentées. Le brasier, tout d'abord, hommage au Seigneur des Flammes, représente l'accès à la purification par le feu. Le sacrifice, ensuite, représente le coût à payer pour concrétiser ses ambitions ; c'est ainsi que les thayiens n'hésitent pas à écraser ceux qui leurs sont inférieurs afin d'acquérir le pouvoir, une attitude opposée étant perçue comme une preuve de faiblesse.

L'enfant est ensuite rendue à sa génitrice qui se charge de clore la cérémonie par le traditionnel :

Liliana Sephris, Kossuth este'bel akhbar bi-nt, béda kan t'le naar wé naar ane-d yé'dar.

« Kossuth accueille ta nouvelle fille, Liliana Sephris,
elle fut purifiée par le feu et c'est par le feu qu'elle accèdera au pouvoir. »


Dernière modification le Vendredi 4 Juin 2010


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